Après 15 minutes de marche elles sont devant la grille du lycée.

Il n’y aura pas trop d’attente, une petite foule bourdonne déjà, au fond de la cour, devant le tableau d’affichage. Ca s’agite, ça crie, ça se prend dans les bras, ça pleure parfois, ça prend des airs graves se demandant quelle matière choisir pour les épreuves de rattrapage…

Elle s’approche enfin, parcourt la liste des yeux…c’est bon pour V., ouf! Elle continue de chercher son nom et le voit dans la liste des admis. En une fraction de seconde c’est le soulagement! Mais? Qu’est-ce que c’est que ce “B” à côté de son nom? Une mention? Ce détail rend les choses encore plus réelles, les larmes coulent malgré elle, la pression tombe, les vacances vont pouvoir réellement démarrer.

Elle pleure, elle pleure à chaudes larmes, tellement fort que tout le monde autour pense à une mauvaise nouvelle. Ne savent-ils pas qu’on peut pleurer pour tant d’autres raisons?

Voilà ça y est, ELLE L’A. Est-ce que ça change quelque chose? oui ça change tout, mais pas pour le moment encore.

Les vacances ont débuté. Le lendemain du jour des résultats elle est allée chez le coiffeur, geste symbolique, elle veut changer de tête pour démarrer une nouvelle vie, couper ses cheveux longs si enfantins. Clic-clac, ça y est, une coupe courte, féminine tout de même. Cela fait-il d’Elle une femme?

Quelques jours plus tard, incursion dans sa nouvelle vie, dans sa nouvelle ville. c’est l’inscription officielle à l’université. Juste une parenthèse: photos, formulaire, signatures parentales (hé oui, bachelière mais pas moins mineure), on lui trouve un studio, fait quelques achats, le début de l’indépendance prend forme, c’est excitant!

Le reste de l’été se déroule comme si de rien n’était: en juillet, vacances en Auvergne avec ses parents, ses soeurs et ses grands-parents; en août, le train-train et puis 2-3 jours en camping avec des amies comme l’année précédente.

Fin août, un soir, une nuit même, elle réalise soudain que l’été a filé, que dans moins d’une semaine la rentrée scolaire sera là, sa nouvelle vie rêvée sera-t-elle à la hauteur de ses espérances? Des inquiétudes s’installent doucement dans sa tête…

Pour les retardataires, l’épisode précédent c’était ici, et l’accès au sommaire c’est par

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10 réponses à “Un été”
  1. L’indépendance dès le bac en poche ! ouhaou… j’ai attendu un peu pour ma part, heureusement, je n’aurai pas été capable, mais parfois on n’a pas le choix !
    A suivre alors !

  2. @E-zabel: ça dépend de quelle indépendance on parle. étudiante dépendant financièrement à 100% de ses parents c’est pas encore l’indépendance totale. Mais dans ce récit nous sommes dans la tête d’une tout jeune “ex-lycéenne”… ;-)

  3. Tu ne peux pas savoir à quel point j’avais hâte de partir de chez mes parents… mais c’était surtout pour fuir, avoir l’occasion de repartir à zéro ailleurs.

  4. Je n’ai pas pleuré quand j’ai eu mon bac, j’étais plutôt dans un état d’hystérie à hurler. Mais je n’étais pas pressée de partir de chez mes parents, vu qu’ils n’étaient pas très souvent là (mais bon j’avais 17 ans). J’ai eu envie de partir plus tard vers 22 ans, ce que j’ai fait.

  5. vivre dans une petite ville élucide ce genre de questionnements… si on a son bac et qu’on veut faire des études, pas d’autres solutions que de quitter le cocon familial
    ça n’est pas difficile comme décision à prendre puisqu’il n’y a pas d’autres options ;-)
    après le fait que ce soit plus ou moins bien vécu dépend de chacun, de chaque situations… en tous cas, ayant connu la même chose que le personnage de cette chronique, on se pose forcément tout un tas de questions ;-)

    la suite, la suite , la suite !!!!
    mais bon je pense qu’une dose hebdomadaire sera le maximum autorisé, me trompe-je ??

  6. Pareil que poune, nous on a pas le choix! Pourtant je suis partie moins loin que mes soeurs! Mais bon, 17 ans départ pour une vie d’étudiante dans son propre appart’ avec tout le nécessaire voir plus que le nécessaire ^^ (bon ok j’étais plus vieille que toi Julie)
    Mais bon nous avons eu chacune une situation différente après tout!
    En tout cas pour ma part depuis des départs j’en ai eu plusieurs …

  7. Pareil, je n’avais que 17 ans quand j’ai quitté le domicile familial pour partir étudier. Je me rappelle que c’était un nouveau départ pour moi dans une ville inconnue, vu que mes années lycée étaient loin d’être mémorables. L’adaptation à une grande ville, pas si grande que ça, mais beaucoup plus que la ptite station balnéaire d’origine, s’est faite très lentement, mal dans un premier temps mais s’est consolidée au fil des années.

  8. Ah ben c’est malin, j’aimerais bien la suite maintenant !
    J’ai hâte :)

  9. mazette j’ai du retard (ou pas, vu que je n’avais pas promis de rythme de publication…m’enfin quand même, ça fait plus de 8 mois, ahem)

  10. [...] ceux qui découvrent ou voudraient se rafraîchir la mémoire, l’épisode précédent c’était ici, et l’accès au sommaire c’est par là [...]

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